Washi time

Oh joie!! Il y a un centre de fabrication de papier washi dans la région de Tokushima; nous voilà donc parties pour l’Awagami factory, à Awa Yamakawa, où nous allons réaliser notre toute première feuille de washi. Nous sommes accueillies par Makita qui, heureusement pour nous, se débrouille très bien en anglais, quoi qu’elle en dise!

Elle nous explique que les fibres utilisées pour la fabrication du washi peuvent provenir de trois différents arbres: kozo, gampi et mitsumata. Ici nous utiliserons des fibres de gampi.

La première étape de fabrication d’une feuille de taille moyenne (à peu près un format A3) n’est pas très complexe. Tout d’abord, on incorpore à l’eau (outre les fibres végétales) de l’extrait de racine de Tororoaoi  , appelé”neri”, qui sert de liant. Le neri est indispensable car il permet aux fibres de se répartir correctement dans l’eau et ainsi d’obtenir un papier de bonne qualité. Il faut bien mélanger la mixture. Lorsque vous pensez avoir suffisamment mélangé, recommencez!

Etape 2 ou la “suketa”, une espèce de tamis constitué de deux pièces: une grille supérieure et un cadre qui vient soutenir le tout.

On insère la suketa dans la mixture, de manière verticale, puis on la ressort, horizontalement cette fois-ci. C’est un peu comme aller chercher de l’or dans un ruisseau: vous secouez la suketa, l’eau s’en dégage et restent alors les fibres et le neri, qui en séchant vont devenir papier.

Avant d’aller plus loin, vous pouvez décider de faire briller votre papier de mille feux. C’est l’étape 3, dite “de décoration”. Munies d’emporte-pièce, de colorants et de fibres de Kozo, nous égayons notre petit papier, encore mouillé.

Après cette étape créative, on passe au “séchage”. Il faut “lâcher” délicatement la suketa à l’envers (avec le papier dessous, évidemment) sur un “évacuateur” d’eau afin de retirer le trop de liquide qui reste encore dans le papier. Trois passages au dessus de “l’aspirateur” d’eau sont nécessaires:

Puis la feuille seule est déposée et étalée sur un plaque de sèche qui contient de la vapeur d’eau à environ 60°C.

Une demie heure plus tard, normalement, vous pouvez repartir avec votre propre papier washi sous le bras!

Fortes de cette première expérience, nous avons hâte de pouvoir nous en inspirer en appliquant ces nouvelles techniques au projet, à savoir, encore et toujours, la création d’un papier comestible.

Nous revenons donc trois jours plus tard à l’Awagami factory avec des provisions…

Let’s go testing!!!

Nous commençons les tests avec tous les ingrédients en notre possession. Une fois de plus, nous inventons nos propres règles… Advienne que pourra! La rédaction de ce blog tient à préciser qu’elle ne pourra s’appesantir sur le sujet car les techniques et aliments utilisés ici sont classés secret-défense!

Trois heures de tests plus tard, nous venons à bout de nos réserves, et ne pouvons donc plus vraiment avancer . Ca tombe bien, c’est l’heure du déjeuner. Nous abandonnons notre production ( une dizaine de papiers de compositions différentes) et partons chez Angelie, où Yamamoto Yoichiro, le Mitch Bucannon de Tokushima, nous prépare le meilleur okonomiyaki (sorte de pizza japonaise) de toute notre vie (le deuxième seulement mais tellement bon!). “Yaki” veut dire grillé et “okonomi” signifie, à peu près, “comme on veut”. Tout est dit, le chef met tout ce qu’il veut dans notre déjeuner et il ne se moque pas de nous: crevettes, noix de St Jacques et autres fruits de mer, du boeuf et des légumes. Il faut la laisser griller quelques minutes sur la plaque, insérée dans la table et “y’a plus qu’à manger”!

De retour à la fabrique, nous nous inquiétons de la santé de nos petits papiers. Les tests ne sont pas vraiment concluants mais nous ouvrent tout de même de nouveaux horizons pour nos futures gammes.

Il y a encore du boulot mais ça avance, grâce, notamment, à la gentillesse et à l’accueil chaleureux des employés et du directeur de l’Awagami factory de Tokushima.

Nous avons d’ailleurs eu la chance et le privilège de pouvoir suivre pas à pas la fabrication d’une feuille de washi d’environ 4 mètres sur 2: un ballet digne des plus grands chorégraphes, on apprécie la technique et la synchronisation!


Maintenant, direction Kyoto et Echizen, pour découvrir le “trésor national”.

To be continued…

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Cours d’origami ou un après-midi chez “mamie Kamauchi”

Aujourd’hui, Madame Kamauchi, professeur et ex-directrice de l’Association d’origami de Tokushima, a accepté de nous recevoir dans son humble demeure pour nous enseigner les rudiments (et peut-être plus) de l’art ancestral du pliage de papier.

Première intrusion dans une vraie maison japonaise: nous enlevons nos chaussures, passons la porte coulissante et nous installons sur les coussins posés à même le sol; c’est bas pour moi mais c’est classe alors j’ignore la douleur que me procurent, une fois de plus, mes jambes!

On utilise différents types de papiers pour faire des origamis, notamment le washi et l’irogami, plus facile à plier que le premier, parfait pour les débutants.

Après avoir réalisé une grenouille (kaeru), une feuille (happa), une tulipe (idem!), un poisson (sakana) et même un poisson tropical (fukuro… attention, ça n’a rien à voir!), nous discutons un peu technique et histoire.

Les dames (j’ai oublié de préciser que deux amies de Mme Kamauchi, également membres de l’Association d’origami, nous ont rejoint) sont bien étonnées par le travail de Delphine tandis que moi, je succombe à leurs interjections rauques où se mêlent à la fois  joie et surprise: Ohhhhhhh!! Heeeeeeeeeeeeeuuuuh! Sugoiiiiiiii!.. Pas très féminin mais sacrément charmant!

Revenons à nos moutons. Je vous ai déjà expliqué ce qu’est l’origami, vous savez donc que cet art est très certainement apparu durant l’Epoque d’Edo (1600-1868). Avant cela, le papier était réservé aux riches et plus précisément aux hommes, qui maîtrisaient l’art de l’écriture. L’ère Azuchi-momoyama (1568-1600), qui précède à Edo, est une époque courte mais intense, durant laquelle le Japon est secoué par de gigantesques guerres civiles. Il est fort probable qu’après tous ces conflits, les Japonais aient eut besoin de se divertir un peu et aient ainsi crée l’origami, passe-temps d’ailleurs plus fréquemment réservé aux femmes.

Pour finir le cours, nous nous frottons au pliage d’une feuille rectangulaire (ça fait peur!).

Ce n’est pas très courant, tout du moins pas à notre connaissance. Dans ce cas, la technique se corse: il y a des montagnes (yama) et des vallées (tani) qui font partie des tracés pour le pliage final. Sinon, il faut de nouveau suivre scrupuleusement un schéma de base, un peu plus élaboré que celui du pliage d’une feuille carrée, mais on peut réussir à se fabriquer de très jolies petites boîtes par exemple. L’origami: un art ludique et pratique!!

Voilà, je me relève tant bien que mal du sol et ça craque un peu, tandis que nos hôtes, 70 ans en moyenne, ne semblent pas avoir le moindre mal à se “déplier”. Un quart d’heure de courbettes plus tard, nous quittons les lieux en promettant de trouver le temps de revenir.

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Sus aux idées reçues, le retour.

Passons maintenant au cas de la baleine, ce gros cétacé en voie de disparition… Et bien c’est assez, arrêtons de parler sans savoir!

Tout comme dans le cas du dauphin, il est juste de souligner les pratiques utilisées par les baleiniers en matière de pêche. Cependant, et encore une fois, comme pour la chasse aux dauphins, il s’agit ici d’une activité ancestrale qui revêt une dimension spirituelle. Au Japon, la forte influence du bouddhisme a longtemps interdit de tuer des animaux mais reconnaîssait la nécessité de se nourrir de leur chair pour survivre.

La chasse à la baleine débute en 1616. Les pêcheurs utilisent alors le harpon. En 1671, on commence à se servir, en plus, de filets de pêche.


Ce type d’activités est rapidement menacé par l’apparition de baleiniers occidentaux. C’est étrange, mais la plupart des pays qui critiquent et dénoncent aujourd’hui la chasse à la baleine la pratiquait autrefois.

Ainsi, ce sont les Hollandais qui ont transmis aux japonais leur technique pour extraire l’huile de baleine.

Au Japon, on utilise absolument tout dans la baleine: la chair (une baleine apporte une quantité importante de protéines et de graisse); l’huile (chauffage, éclairage, cuisine; un rorqual bleu de 26 mètres produit 27 tonnes d’huile) ; les os (utilisés comme matériau) ; les fanons (utilisés grâce à leur résistance et à leur flexibilité) ; le cuir (utilisée pour fabriquer des ceintures notamment) ou encore les intestins séchés (utilisés pour réaliser des cordages).

On chasse également la baleine à des fins scientifiques: Les chercheurs auraient besoin d’échantillons de chair pour recueillir des données sur l’âge et le mode de reproduction des cétacés. Ils cherchent dans l’estomac des carcasses les mystères de l’alimentation des baleines.

Mais les recherches scientifiques ne peuvent justifier l’ampleur de la chasse, surtout lorsque l’on sait qu’ailleurs, on mène les mêmes études en prélevant les excréments des cétacés à la surface de l’eau, sans avoir à tuer un seul animal…

Depuis 1982, un moratoire mis en place par la CBI (Commission Baleinière Internationale) interdit la pêche à la baleine à des fins commerciales. En 1986, la même CBI fixe à 650 le nombre de baleines pouvant être tuées chaque année dans les eaux du Pacifique Nord et du sanctuaire baleinier de l’Océan Antarctique.

Voilà donc plus de 20 ans que des spécialistes se penchent sur le problème de la régulation de la chasse du plus grand mammifère au monde.

En Mai 2010, Monica Medina, la Commissaire américaine à la CBI, à même déclaré que “des milliers de rorquals de Minke pourraient être capturés durablement dans l’océan Austral”(pour lire la déclaration, cliquer ici).

Même s’il est évident qu’un nombre important de baleines a été décimé depuis quelques années et ce, à des fins commerciales, on peut également souligner le fait que la chasse à la baleine peut également permettre, à une certaine échelle, d’empêcher la réduction des stocks de poissons. De plus, il est injuste de pointer le Japon du doigt  et de le juger seul responsable des problèmes liés à la chasse au grand rorqual; rappelons que la Norvège et l’Islande sont également de grands consommateurs de viande de baleine.

Alors je ne vais pas pousser le vice jusqu’à dire que, puisque c’est une tradition ancestrale, on doit laisser les japonais pêcher la baleine gentiment sans se soucier de leur disparition à plus ou moins court terme. Non, je m’interroge seulement sur ce que nous, petits occidentaux, pouvons faire pour empêcher tout ça… Car le cas de la baleine n’est pas un cas isolé. En effet, s’il subsiste un doute sur le fait que les baleines soient oui ou non en voie de disparition, le thon rouge (maguro), lui, est bel et bien menacé d’extinction. Le Japon est-il réellement le seul responsable? Je ne le crois pas. Par contre, le fait qu’Européens et Américains se soient, ces dernières années, entichés des sushis et autres sashimis, faisant exploser la demande de viande de thon, contribue forcément à la raréfaction de cette dernière.

Il serait peut être judicieux de diminuer drastiquement, voire totalement, notre consommation de thon rouge et de laisser aux pays dont c’est la coutume le loisir d’en manger… Chacun son foie gras!

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Sus aux idées reçues!

Au Japon, quand on parle de nourriture, on aborde assez rapidement des sujets épineux: thon rouge, baleine, dauphin…

Commençons donc par le cas dit “du pauvre petit dauphin”:

D’un point de vue occidental, évidemment, ils sont fous ces japonais, c’est même une belle bande de barbares à en juger par les images que nous avons tous pu voir sur internet, extraites du film “The cove” (La baie de la honte), un documentaire réalisé en 2009 sur la pêche controversée de plus de 23 000 dauphins dans une petite baie à Taiji.

Alors, moi aussi j’aime les dauphins parce qu’ils sont mignons et j’avoue que la vue d’une telle profusion de sang me met mal à l’aise, mais comprend-t-on vraiment ce qui se passe, et essaye-t-on seulement de le comprendre?…

Je me lance en tant que grand data-reporter, même si cet article est évidemment (et malheureusement) loin d’être exhaustif.

Il faut savoir que la pêche au dauphin est une tradition ancestrale qui est pratiquée au Japon, et notamment à Taiji, depuis le début des années 1600.

Taiji est un petit bourg japonais du district de Higashimuro, dans la préfecture de Wakayama, au bord de l’Océan Pacifique. La pêche au dauphin y à lieu chaque année, à partir de Septembre et ce pendant trois mois.

Ce qui choque ici c’est la manière de pêcher, ce que tout le monde se plaît à qualifier de “massacre”: les pêcheurs poussent des groupes entiers de dauphins dans une petite baie où les animaux sont ensuite soit tués, soit vendus à des aquariums (delphinariums). Cette pratique est propre à Taiji; les techniques de pêche diffèrent dans le reste du Japon.

Petite anecdote: Dans les années 80, des pays comme les Etats-Unis avaient coutume d’aller chercher ses « dauphins de spectacle» au Japon à des prix défiant toute concurrence. Ces achats internationaux suscitèrent une nouvelle expansion des pêches locales au rabattage.  De très nombreux dauphins ont ainsi été exportés du Japon, au prétexte que ces animaux avaient été «sauvés » du massacre. En réalité, les aquariums des USA encourageaient et continuent d’encourager largement (au même titre que de nombreux autres pays)  ce type de pratique.

Mais peut-on réellement parler de massacre? Les quotas du gouvernement japonais autorisent chaque année la chasse de 20 000 dauphins, tandis qu’on en tue 2000 par an à Taiji, soit 10% du total nippon.

Oui, c’est vrai, c’est dur de voir Flipper le dauphin se faire harponner sauvagement mais restons objectifs. En France, les éleveurs de cochons n’ont parfois rien à envier aux pêcheurs de Taiji (cf. article SoFoodSoGood) et nous fermons pourtant les yeux sur ces pratiques, tous contents que nous sommes de pouvoir partager un bon saucisson à l’heure de l’apéro!

Quand on parle de traditions au Japon, et sur ce blog en particulier, on entend bien souvent traditions culinaires. En somme, il est important, je pense, de comprendre et de respecter les cultures alimentaires régionales de par le monde, qui sont généralement fondées sur des coutumes ayant une longue histoire.

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8 heures de bus et quelques courbatures plus tard: Tokushima

Nous voilà donc sur l’île de Shikoku, dans la ville de Tokushima. Il est sept heures du matin, boutiques encore fermées et pas grand monde dans la rue. Après la nuit que nous venons de passer (c’est-à-dire pliées en quatre dans le bus) tout cela ne m’inspire rien de bon, je commence même à bougonner en me demandant ce qui nous a prit de quitter Tokyo pour “ça”.

Un café plus tard, je retrouve mes esprits et ouvre les yeux: nous longeons la rivière Sinmabashi, c’est beau, il fait beau et les gens sont accueillants, que demander de plus?!

Après avoir déposé nos sacs à l’hôtel, nous prenons le train pour Naruto, à 40 minutes de Tokushima, connue pour son tourbillon. Bon, nous nous perdons un peu (sacrées cartes alors) donc point de tourbillon à l’horizon mais nous ne serons pas venues pour rien car en cherchant notre chemin, nous tombons sur un temple (l’un des 88 qui constitue le pèlerinage de Shikoku).

De retour à Tokushima City, nous nous dirigeons vers l’Alliance Française. Lorsque nous préparions notre voyage, nous étions entrées en contact avec Tokiko Marunaka, l’une des employée de l’Alliance. Le hasard fait bien les choses car c’est la première personne que nous rencontrons dans le petit restaurant situé au pied des bureaux de l’Alliance. Toutes trois ravies, nous reparlons gaiement du projet et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, Tokiko contacte Madame Kamauchi, une professeur d’origami: rendez-vous est pris, nous débuterons donc notre apprentissage des pliages le 2 Mars. Sugoi!!

En route pour le dîner! Nous nous enfonçons un peu plus dans la ville et trouvons un quartier bien animé où les bistrots et les restaurants pullulent. Nous rentrons dans le premier qui nous fait de l’oeil. Sans Shoko, c’est un peu plus compliqué de lire le menu, nous nous fions donc au cuisinier à qui nous tentons d’expliquer par des mots et des mimes ce que nous souhaitons manger… Fort heureusement, nous avons détruit toutes les preuves de ce pittoresque événement.

L’hôtel, ce n’est pas pratique pour travailler. Aujourd’hui nous avons donc loué un appartement derrière l’Université. Qu’il est doux d’avoir un chez soi; cutters et papiers seront bien gardés au sein de notre cocon!

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Kamakura et les temples

Pour notre dernière journée à Tokyo, nous mettons un peu de côté les découvertes culinaires et partons à la rencontre des temples de Kamakura.

Kamakura est une ville de la préfecture de Kanagawa, au Japon. Elle est située au bord de l’océan Pacifique, à 50 km au sud-ouest de Tokyo (environ une heure de train). Cette ville revêt une importance historique pour le Japon: en 1192, le shogun Minamoto no Yoritomo décida d’installer sa nouvelle capitale à Kamakura, y déplaçant du même coup le centre politique du Japon. Aujourd’hui, elle est devenue une ville balnéaire, touristique et bien tranquille qui abrite de nombreux temples.

Nous suivons une fois de plus Shoko et Yuichi, qui a grandit à Kamakura.

Nous visitons trois temples. Même si nous sommes habituées, de par nos voyages antérieures ou par les images que nous avons tous pu voir dans les magazines ou sur internet, l’architecture reste très impressionnante, voire majestueuse, tout comme les décorations: statues, dorures,  jardins en fleur, cimetières remplies de statuettes, bois sculptés… absolument tout est un régal pour les yeux et un réel dépaysement pour l’esprit.

Dans les temples, pour 100 yen, on peut tirer des sortes de prédictions astrologiques : Omikuji. Si la prédiction est malheureuse ou ne vous convient pas, libre à vous de la laisser au temple en l’accrochant grâce à un noeud spécial, aux portiques prévus à cet effet. De cette manière, vous laissez  le mauvais sort derrière vous.

Les temples sont toujours gardés par des chiens en pierre. En général, tous les chiens sont représentés dans des postures plus ou moins différentes et laissent ou non apparaître leurs crocs acérés.

On trouve également toujours des “arbres à voeux” dans l’enceinte des temples japonais.

Voilà une série de voeux apparemment inscrit par des enfants : l’un souhaite qu’il y ait une saison deux à sa série préférée; l’autre voudrait posséder 51% des actions de Sony pour en devenir PDG et enfin un dernier souhaite juste être Premier Ministre. Parfait exemple de la rencontre entre Japon moderne et Japon traditionnel.

Bon, faut pas pousser, restons fidèles à notre réputation de ventres sur pattes: un arrêt déjeuner s’impose après la visite du premier temple… Découvrir, ça creuse!

On nous sert un énorme plat que nous recouvrons -comme tout bon japonais qui se respecte- de mayonnaise! C’est délicieux et ça nous donne des forces pour reprendre la visite.

Dans le deuxième temple y a un cimetière, assez imposant, dans lequel les pierres tombales sont remplacées par des statuettes en pierre. Il est intéressant de remarquer que chacune à une tête différente. Subtilité et finesse…

Nous terminons notre tour des temples par le plus impressionnant et réputé de tous les monuments de Kamakura: Kotoku-in, connu pour son grand bouddha Amitabha. Ce daibutsu est une sculpture en bronze, fondue vers 1252, d’une hauteur de l’ordre de 13,35 m. Les mains du Bouddha ont été sculptées, de manière stylisée, dans la posture dite jo-in, de la méditation zen.

Nous reprenons ensuite le train direction Tokyo où nous devons une nouvelle fois boucler notre valise, cette fois direction Tokushima, sur l’île de Shikoku.

A bientôt pour de nouvelles aventures!

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Ginza et tofu

Voilà maintenant une semaine pleine que nous sommes arrivées chez nos amis nippons et jusqu’à présent, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer!

Aujourd’hui nous partons à la découverte d’un nouveau quartier, et pas des moindres:       GINZA.

Dès la sortie du métro, nous nous trouvons nez à nez avec des édifices à l’architecture spectaculaire.

Ginza est LE quartier chic de Tokyo. On y trouve le long de grandes avenues de nombreux magasins de mode du monde entier, mais aussi des showroom à la japonaise, c’est-à-dire des bâtiments d’exposition, assez découpés, où l’on peut découvrir différents produits, par exemple des voitures dans le showroom Nissan, de l’électronique grand public au cœur du Sony building ou dans l’Apple Store. Le quartier est aussi connu pour l’abondance de ses enseignes lumineuses.

Le quartier était traditionnellement le lieu du luxe au Japon avec par exemple les enseignes Prada, Louis Vuitton . Les Japonais sont très intéressés par le luxe et ce quartier le reflète bien.

Ce soir, Shoko l’universelle, à rendez vous avec deux représentants de Duhaim, une marque quebécoise de confitures et autres délices à tartiner. Ils ont besoin de conseils pour réussir à gagner le marché japonais.

Curieuses et ravies à l’idée d’un repas franco-japonais-canadien, nous nous joignons à eux pour un repas de tofu.

Pour votre gouverne, le tofu est une pâte blanche peu odorante, issue du caillage du lait de soja qui existe sous de nombreuses formes (séché, fumé, en feuilles ou en blocs, poilu, aux herbes …). C’est un aliment plein de protéïnes, de fer, de calcium et de magnésium.
C’est pour cette raison qu’il est souvent considéré comme un substitut de viande.
Sans cholesérol et d’origine entièrement végétale, il est très apprécié des végétariens et des végétaliens.

C’est parti! Le premier plat est un tofu à base de sésame,

Nous passons ensuite à une salade au thon rouge tellement gras qu’il fondait dans la bouche. Un souvenir gustatif impérissable.

Nous découvrons des mariages de saveurs incroyables, et nous en redemandons!

La prochaine découverte gustative: le steack de tofu et poulet accompagné d’un oeuf poché.

Dieu que c’est bon… Je n’étais pourtant pas une aficionado du tofu à Paris mais une fois de plus, les japonais nous ont prouvé que leur cuisine était d’une grande finesse.

Mais, me direz-vous, qu’en est-il des DESSERTS à base de tofu? Et bien c’est tout aussi savoureux. Nous goûtons des entremets plutôt “occidentaux”, revisités de manière “tofuesque”: cheese cake,  tiramisu (le tofu remplace le mascarpone, ce qui donne un dessert tout aussi crémeux mais moins gras, un régal) et glace au matcha à base de soja.

Tout le monde est convaincu, merci Shoko pour ce choix judicieux!

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Origami center et Kappabashi

Ce matin nous partons à la recherche du centre d’origami d’Ochanomizu (Origami Kaikan), pas évident à trouver d’ailleurs…

Profitons de ce petit périple et attardons nous sur ce qu’est l’origami:

Origami est le nom japonais de l’art du pliage du papier, dont l’utilisation se serait développée vers 1200, au milieu des rituels bouddhistes.

On se sert d’une feuille, en général de forme carré, que l’on ne découpe pas en principe. Les modèles d’origami commençant souvent par une même succession de plis, il arrive fréquemment qu’il faille partir d’une base. Il faut ensuite suivre la suite du “schéma”,qui détaille par une succession de figures chacun des plis à exécuter pour parvenir au modèle final. À partir de ces plis élémentaires on pourra représenter un animal, une plante ou un objet mais aussi des formes géométriques simples ou complexes.

Nous y voilà enfin! Nous découvrons une petite salle d’exposition très modeste où l’on peut admirer quelques exemples de pliages et de magnifiques drapeaux de différents pays du monde constitués à partir des fameuses grues du Japon.

Plus intéressant, la boutique: un espace dédié au papier où vous pourrez trouver tous les motifs que vous voudrez, des plus traditionnels aux plus kitchs. Ce qui est intéressant, ce sont les textures: certains papiers sont très mats, d’autres au contraire sont plus huilés et les rouleaux ressemblent étrangement à du textile. Voilà une bonne adresse pour acheter du matériel!  (1-7-4 Yushima, Bunkyo-ku, 113-0034 Tokyo)

Nous rejoignons ensuite Shoko qui, une fois de plus, va nous faire découvrir un nouveau quartier de Tokyo. Elle nous emmène à Kappabashi ou “kitchen town”. Cette rue comporte uniquement des magasins de fournitures pour les restaurants.

Ces magasins vendent de tout : des casseroles produites industriellement, des équipement pour restaurants, fours et autres décorations, y compris des maquettes de plats cuisinés en résine qui sont en vitrine de la plupart des restaurants au Japon.

Nous déambulons pendant 5 bonnes heures dans la rue, faisant halte dans des boutiques pleines de vaisselles provenants des différentes régions du Japon et dans des “magasins de casseroles” dans lesquels nous découvrons une multitude d’ustensiles tous plus ingénieux et pratiques les uns que les autres, comme par exemple :

la feuille -les novices pensent souvent que son nom est hachoir- à Soba (nouilles),

la râpe en peau de requin pour le wasabi (le wasabi frais doit être râpé juste avant d’être consommé),

la brosse en bois pour nettoyer les râpes

les couteaux pour découper les légumes (les défonces servent à empêcher les lamelles de légumes de coller à la lame).

Au japon, il n’y a que peu de forme gratuite, tout a une utilité!.

Les casseroles individuelles à manche vertical qui permettent de caser plus de poêles en même temps sur le gaz et donc de produire plus vite des portions individuelles.

ou encore la poêle pour faire des omelettes rectangulaires.

Vannées , nous nous dirigeons vers la maison ou nous attends un dîner typiquement coréen:

Kimchi, un chou qui macère/fermente un certain temps dans du piment (parfois trois ou quatre mois!), l’un des aliments de base en Corée et qui accompagne la majorité des plats dans ce pays;

Buchimgae, plat qui ressemble à une omelette (recette spéciale de Shoko à trouver sur ce lien);

Sundubu jjigae, un plat (en l’occurrence) constitué de tofu, de porc, de légumes, de pâte de miso et… de kimchi! Existe également en version fruits de mer!

Un repas excellent pour la santé!

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Pâtisserie et abats

Aujourd’hui au programme, cours de cuisine avec Shoko. Mais avant tout, allons déjeuner.

“Audace” culinaire, nous osons le curry japonais, habituellement plus épais, plus doux et moins épicé que son équivalent indien. Les photos ne donnent pas très envie mais il y a un petit restaurant spécialisé à côté de la maison alors nous n’avons pas trop d’excuses.Ce côté peu ragoûtant est, je pense, dû au fait que tous les ingrédients sont fondus par une cuisson de 4 jours pour obtenir une sauce lisse. Alors que, dans le curry indien, on a de beaux morceaux de viandes et de légumes qui donnent du volume au plat.

Bon, ce n’est ni excellent ni esthétiquement intéressant mais ça se laisse manger, accompagné de légumes ou de poulet pané!

On digère et au boulot!

La recette du jour:  Le Sakura mochi (recette de Shoko ici)

Le sakura mochi est un wagashi ,pâtisserie traditionnelle japonaise qui associe le sucré des pâtes de riz et de haricot azuki avec le salé de la feuille de cerisier saumurée qui les enveloppe. Elle est composée d’une feuille de cerisier entourant une sorte de “pancake” de riz farçi à la purée de azuki. Dans certaines régions, cette feuille sert uniquement à aromatiser le “pancake” dans d’autre, on la déguste avec le reste. Il ne faut pas en abuser car elle contient une substance qui peut devenir toxique.

Les sakuramochi auraient été inventés au début du XVIIIe siècle à Edo (aujourd’hui Tokyo) par un garde du temple Chomei-ji. Dans la tradition japonaise, ils sont étroitement associés au mois de mars (quand fleurissent les cerisiers).

Pendant que la pâte repose, Shoko nous initie à l’art du furoshiki; technique japonaise traditionnelle d’emballage en tissu utilisée pour transporter des vêtements, des cadeaux, le bentō, des tartes et des bouteilles de vin; idéal pour épater vos amis: on déballe et on repart avec le tissu dans le sac. L’ esprit pratique des japonais brille une fois de plus.

Ca y est, c’est roulé! Evidemment, il faut goûter, et comme je m’y attendais, c’est délicieux: l’alliance entre la douceur des azukis et le salé des feuilles de cerisier est un régal pour les papilles.

Après cette réussite, nous faisons à nouveau preuve d’audace en testant le repas de tripes!

Au menu: foie cru mariné et petites brochettes de foie , de coeur, de cartilage et de gras.

Ce fut, je vous l’avoue, difficile mais intéressant: des goûts assez forts et des textures étranges qui ne sont pas toujours évidents à faire passer mais cuisinés “à la japonaise”, c’est-à-dire subtilement et en petites portions qui les mettent en valeur comme une partie noble de l’animal, la pilule est plus facile à avaler.

Nous attendrons un peu avant de renouveler l’expérience du repas entièrement constitué d’abats. Par contre, si ils sont utilisés en condiment comme dans la salade de fenouil au coeur séché et râpé du restaurant The Sparrow à Montréal, c’est délicieux !

Sur ces bonnes paroles, oyasuminasai! ( bonne nuit)

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La fête des pruniers en fleur.

Aujourd’hui, c’est samedi, alors on ne travaille pas le matin, surtout que c’est la fête des fleurs de pruniers.

Nous voilà donc au milieu de grands-pères et de tout petits en train de déambuler au milieu des arbres et nous arrêtant à chaque stand pour tout tester. En apéritif, Shoko nous fait goûter le Amazake, une boisson peu alcoolisé à base de riz fermenté, elle a un goût de levure assez prononcé. C’est la boisson traditionnelle qu’on boit pendant la fête de la poupée, Hina Matsuri, le 3 mars au Japon.

Au menu, Takoyaki : boulette de poulpe / bonite séchée et mayonnaise suivi de Yakisoba ( littéralement nouilles sautées, produites à partir de farine de blé).

Nous visitons ensuite le temple Gotokuji, temple des chats.

Au temple des chats, on peut trouver des guirlandes de grues en origamis: les Semba tsuru. On raconte que si l’on plie mille grues en papier, on peut voir son vœu de santé, longévité, d’amour ou de bonheur exaucé. Cette légende a inspiré l’histoire de Sadako Sasaki, une adolescente japonaise atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima, qui avait entrepris de réaliser mille grues en origami. Comme elle est morte avant d’avoir pu achever sa tâche, les élèves de sa classe ont terminé ce qu’elle avait commencé et son histoire a fait de la grue en papier un symbole de la paix.

Retour à la maison où l’on goûte les Konnyaku Batake, bonbon japonais à base de gélifiant qui a un peu la texture dune gomme et qui n’est pas évident à mâcher.Il est d’ailleurs déconseillé aux bébés et aux personnes âgées d’en manger, mais c’est très bon et ça ne fond pas!

Après une discussion avec Shoko sur le principe de gélification du kongak nous pensons qu’il peut être une piste intéressante pour développer notre gamme de papier comestible.

Pour le dîner, Shoko nous prépare des Gyoza en bouillon, quel bonheur!

Pour l’occasion nous ouvrons une bouteille de Rully Blanc… C’est aussi ça l’échange culturel!

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