Sus aux idées reçues, le retour.

Passons maintenant au cas de la baleine, ce gros cétacé en voie de disparition… Et bien c’est assez, arrêtons de parler sans savoir!

Tout comme dans le cas du dauphin, il est juste de souligner les pratiques utilisées par les baleiniers en matière de pêche. Cependant, et encore une fois, comme pour la chasse aux dauphins, il s’agit ici d’une activité ancestrale qui revêt une dimension spirituelle. Au Japon, la forte influence du bouddhisme a longtemps interdit de tuer des animaux mais reconnaîssait la nécessité de se nourrir de leur chair pour survivre.

La chasse à la baleine débute en 1616. Les pêcheurs utilisent alors le harpon. En 1671, on commence à se servir, en plus, de filets de pêche.


Ce type d’activités est rapidement menacé par l’apparition de baleiniers occidentaux. C’est étrange, mais la plupart des pays qui critiquent et dénoncent aujourd’hui la chasse à la baleine la pratiquait autrefois.

Ainsi, ce sont les Hollandais qui ont transmis aux japonais leur technique pour extraire l’huile de baleine.

Au Japon, on utilise absolument tout dans la baleine: la chair (une baleine apporte une quantité importante de protéines et de graisse); l’huile (chauffage, éclairage, cuisine; un rorqual bleu de 26 mètres produit 27 tonnes d’huile) ; les os (utilisés comme matériau) ; les fanons (utilisés grâce à leur résistance et à leur flexibilité) ; le cuir (utilisée pour fabriquer des ceintures notamment) ou encore les intestins séchés (utilisés pour réaliser des cordages).

On chasse également la baleine à des fins scientifiques: Les chercheurs auraient besoin d’échantillons de chair pour recueillir des données sur l’âge et le mode de reproduction des cétacés. Ils cherchent dans l’estomac des carcasses les mystères de l’alimentation des baleines.

Mais les recherches scientifiques ne peuvent justifier l’ampleur de la chasse, surtout lorsque l’on sait qu’ailleurs, on mène les mêmes études en prélevant les excréments des cétacés à la surface de l’eau, sans avoir à tuer un seul animal…

Depuis 1982, un moratoire mis en place par la CBI (Commission Baleinière Internationale) interdit la pêche à la baleine à des fins commerciales. En 1986, la même CBI fixe à 650 le nombre de baleines pouvant être tuées chaque année dans les eaux du Pacifique Nord et du sanctuaire baleinier de l’Océan Antarctique.

Voilà donc plus de 20 ans que des spécialistes se penchent sur le problème de la régulation de la chasse du plus grand mammifère au monde.

En Mai 2010, Monica Medina, la Commissaire américaine à la CBI, à même déclaré que “des milliers de rorquals de Minke pourraient être capturés durablement dans l’océan Austral”(pour lire la déclaration, cliquer ici).

Même s’il est évident qu’un nombre important de baleines a été décimé depuis quelques années et ce, à des fins commerciales, on peut également souligner le fait que la chasse à la baleine peut également permettre, à une certaine échelle, d’empêcher la réduction des stocks de poissons. De plus, il est injuste de pointer le Japon du doigt  et de le juger seul responsable des problèmes liés à la chasse au grand rorqual; rappelons que la Norvège et l’Islande sont également de grands consommateurs de viande de baleine.

Alors je ne vais pas pousser le vice jusqu’à dire que, puisque c’est une tradition ancestrale, on doit laisser les japonais pêcher la baleine gentiment sans se soucier de leur disparition à plus ou moins court terme. Non, je m’interroge seulement sur ce que nous, petits occidentaux, pouvons faire pour empêcher tout ça… Car le cas de la baleine n’est pas un cas isolé. En effet, s’il subsiste un doute sur le fait que les baleines soient oui ou non en voie de disparition, le thon rouge (maguro), lui, est bel et bien menacé d’extinction. Le Japon est-il réellement le seul responsable? Je ne le crois pas. Par contre, le fait qu’Européens et Américains se soient, ces dernières années, entichés des sushis et autres sashimis, faisant exploser la demande de viande de thon, contribue forcément à la raréfaction de cette dernière.

Il serait peut être judicieux de diminuer drastiquement, voire totalement, notre consommation de thon rouge et de laisser aux pays dont c’est la coutume le loisir d’en manger… Chacun son foie gras!

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Delphine Huguet / designer culinaire / 30 ans Lucile Moreau / redac' chef / 26 ans Gastronomie, culture culinaire, food design, graphisme, design ...
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