Sus aux idées reçues!

Au Japon, quand on parle de nourriture, on aborde assez rapidement des sujets épineux: thon rouge, baleine, dauphin…

Commençons donc par le cas dit “du pauvre petit dauphin”:

D’un point de vue occidental, évidemment, ils sont fous ces japonais, c’est même une belle bande de barbares à en juger par les images que nous avons tous pu voir sur internet, extraites du film “The cove” (La baie de la honte), un documentaire réalisé en 2009 sur la pêche controversée de plus de 23 000 dauphins dans une petite baie à Taiji.

Alors, moi aussi j’aime les dauphins parce qu’ils sont mignons et j’avoue que la vue d’une telle profusion de sang me met mal à l’aise, mais comprend-t-on vraiment ce qui se passe, et essaye-t-on seulement de le comprendre?…

Je me lance en tant que grand data-reporter, même si cet article est évidemment (et malheureusement) loin d’être exhaustif.

Il faut savoir que la pêche au dauphin est une tradition ancestrale qui est pratiquée au Japon, et notamment à Taiji, depuis le début des années 1600.

Taiji est un petit bourg japonais du district de Higashimuro, dans la préfecture de Wakayama, au bord de l’Océan Pacifique. La pêche au dauphin y à lieu chaque année, à partir de Septembre et ce pendant trois mois.

Ce qui choque ici c’est la manière de pêcher, ce que tout le monde se plaît à qualifier de “massacre”: les pêcheurs poussent des groupes entiers de dauphins dans une petite baie où les animaux sont ensuite soit tués, soit vendus à des aquariums (delphinariums). Cette pratique est propre à Taiji; les techniques de pêche diffèrent dans le reste du Japon.

Petite anecdote: Dans les années 80, des pays comme les Etats-Unis avaient coutume d’aller chercher ses « dauphins de spectacle» au Japon à des prix défiant toute concurrence. Ces achats internationaux suscitèrent une nouvelle expansion des pêches locales au rabattage.  De très nombreux dauphins ont ainsi été exportés du Japon, au prétexte que ces animaux avaient été «sauvés » du massacre. En réalité, les aquariums des USA encourageaient et continuent d’encourager largement (au même titre que de nombreux autres pays)  ce type de pratique.

Mais peut-on réellement parler de massacre? Les quotas du gouvernement japonais autorisent chaque année la chasse de 20 000 dauphins, tandis qu’on en tue 2000 par an à Taiji, soit 10% du total nippon.

Oui, c’est vrai, c’est dur de voir Flipper le dauphin se faire harponner sauvagement mais restons objectifs. En France, les éleveurs de cochons n’ont parfois rien à envier aux pêcheurs de Taiji (cf. article SoFoodSoGood) et nous fermons pourtant les yeux sur ces pratiques, tous contents que nous sommes de pouvoir partager un bon saucisson à l’heure de l’apéro!

Quand on parle de traditions au Japon, et sur ce blog en particulier, on entend bien souvent traditions culinaires. En somme, il est important, je pense, de comprendre et de respecter les cultures alimentaires régionales de par le monde, qui sont généralement fondées sur des coutumes ayant une longue histoire.

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About japaneatup

Delphine Huguet / designer culinaire / 30 ans Lucile Moreau / redac' chef / 26 ans Gastronomie, culture culinaire, food design, graphisme, design ...
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