Cours d’origami ou un après-midi chez “mamie Kamauchi”

Aujourd’hui, Madame Kamauchi, professeur et ex-directrice de l’Association d’origami de Tokushima, a accepté de nous recevoir dans son humble demeure pour nous enseigner les rudiments (et peut-être plus) de l’art ancestral du pliage de papier.

Première intrusion dans une vraie maison japonaise: nous enlevons nos chaussures, passons la porte coulissante et nous installons sur les coussins posés à même le sol; c’est bas pour moi mais c’est classe alors j’ignore la douleur que me procurent, une fois de plus, mes jambes!

On utilise différents types de papiers pour faire des origamis, notamment le washi et l’irogami, plus facile à plier que le premier, parfait pour les débutants.

Après avoir réalisé une grenouille (kaeru), une feuille (happa), une tulipe (idem!), un poisson (sakana) et même un poisson tropical (fukuro… attention, ça n’a rien à voir!), nous discutons un peu technique et histoire.

Les dames (j’ai oublié de préciser que deux amies de Mme Kamauchi, également membres de l’Association d’origami, nous ont rejoint) sont bien étonnées par le travail de Delphine tandis que moi, je succombe à leurs interjections rauques où se mêlent à la fois  joie et surprise: Ohhhhhhh!! Heeeeeeeeeeeeeuuuuh! Sugoiiiiiiii!.. Pas très féminin mais sacrément charmant!

Revenons à nos moutons. Je vous ai déjà expliqué ce qu’est l’origami, vous savez donc que cet art est très certainement apparu durant l’Epoque d’Edo (1600-1868). Avant cela, le papier était réservé aux riches et plus précisément aux hommes, qui maîtrisaient l’art de l’écriture. L’ère Azuchi-momoyama (1568-1600), qui précède à Edo, est une époque courte mais intense, durant laquelle le Japon est secoué par de gigantesques guerres civiles. Il est fort probable qu’après tous ces conflits, les Japonais aient eut besoin de se divertir un peu et aient ainsi crée l’origami, passe-temps d’ailleurs plus fréquemment réservé aux femmes.

Pour finir le cours, nous nous frottons au pliage d’une feuille rectangulaire (ça fait peur!).

Ce n’est pas très courant, tout du moins pas à notre connaissance. Dans ce cas, la technique se corse: il y a des montagnes (yama) et des vallées (tani) qui font partie des tracés pour le pliage final. Sinon, il faut de nouveau suivre scrupuleusement un schéma de base, un peu plus élaboré que celui du pliage d’une feuille carrée, mais on peut réussir à se fabriquer de très jolies petites boîtes par exemple. L’origami: un art ludique et pratique!!

Voilà, je me relève tant bien que mal du sol et ça craque un peu, tandis que nos hôtes, 70 ans en moyenne, ne semblent pas avoir le moindre mal à se “déplier”. Un quart d’heure de courbettes plus tard, nous quittons les lieux en promettant de trouver le temps de revenir.

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About japaneatup

Delphine Huguet / designer culinaire / 30 ans Lucile Moreau / redac' chef / 26 ans Gastronomie, culture culinaire, food design, graphisme, design ...
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